Le lâcher-prise

Le lâcher-prise est un mot que je ne connaissais pas vraiment avant d’être maman: toujours stressée, par le boulot, la famille, la PMA. C’est un concept que je me suis forcée à adapter pour ne pas peter un câble à 8.000km des miens, entre boulot et ma famille.

Je suis une coincée de l’organisation: quand on doit organiser quelque chose (un événement, une réunion, un voyage), c’est moi qui m’y colle. J’adore ça, c’est même 70% de mon boulot. Alors j’organise nos vacances á l’avance, je réfléchis où on pourrait aller, quand, je fais la liste des hôtels que je montre à l’homme qui râle pour son avis, je réserve, j’organise les activités et je prépare les valise. Mais quand je me retrouve à relancer tout le groupe d’amis qui doit venir nous voir dans 6 mois, que j’ai passé des heures pour trouver un logement dans le budget, qui, ne se passe pas un jour sans que je me dise “rien n’es réservé, ça va être annulé”, je lache prise. J’ai prévenu que 5 des 6 propositions étaient réservées, ils sont grands. Je ne relance plus, je suis de loin – et je songe déjà au plan B (je suis incorrigible).

Il m’arrive parfois de me lancer dans la confection de plats qui devraient prendre 30 min, et pour lesquels au final je passe 1 heure. 1 heure après le boulot dans la popote, c’est 1 heure où je ne peux pas profiter de mon fils. Alors quand il y a des soirées pour familles avec des food trucks, je me dis “sortie familiale, pas de cuisine”, et je force l’homme á sortir. En plus le deuzans est tellement impressionné par le nouvel endroit qu’il ne crise pas.

Le week-end, je fais des siestes. J’ai plein de choses à faire mais tant pis, je profite de la sieste du petit pour pioncer et le réveiller la bouche pâteuse – so glamour.

On est partis de France habitués aux visites mensuelles chez le médecin, les pesées, les mesures etc. Pas de tout ça ici. J’ai eu beaucoup de mal à m’y faire, je travaille toujours dessus, mais mini-lapinou n’a pas été mesuré ni pesé depuis presque 1 an. Et c’est pas grave. Il a pas l’air de rapetisser et se porte ma foi bien.

Á l’heure où la plupart des femmes cumulent boulot-enfant et parfois même loisir perso (je n’ai pas encore réussi á trouver le temps/courage de m’y remettre), je trouve important de lâcher prise sur quelques trucs, sinon on risque le burn out (ou alors on est super woman, mais super woman c’est comme les bébés magnifiques/trop intelligents/pleure jamais/jamais de crise etc – ça n’existe pas. Non?).

Et vous, quels sont vos lâcher-Prise?

Les annonces et moi

L’avantage de se marier jeunes, avant nos amis, c’est que normalement, on n’a pas trop d’annonces de grossesse avant un bout de temps. Sauf quand, comme nous, ça prend 3 ans pour procréer.

Alors au début, il n’y avait rien de pire qu’une annonce de grossesse. Je crois qu’il n’y a qu’une personne qui a su bien s’y prendre et ne pas me laisser en larmes, et en me demandant “pourquoi pas moooaaaaaaa??????”.

Une fois devenue maman, vous me direz, on s’en fiche un peu non? Je suis déjà comblée d’un petit garçon adorable, qui me remplit de bonheur et de fierté (quand même).

Je suis très contente de voir mes amis fonder leur famille. oui oui, pas de pincement au coeur. Bon bien sûr, quand ça arrive comme un cheveu dans la soupe en mode “on pensait pas que ça arriverait si vite”, ou “un essai, une transformation”, bon, ça serre un peu les dents. Surtout quand la personne connait ton historique quoi, on réfléchit un peu avant de parler.

Je suis donc bien contente de vivre enfin les annonces comme un canard vivrait l’eau qui lui tombe sur les plumes – je suis poétique ce soir.

Mais voilà, notre fils a deuzans (et quelques, je suis mauvaise mère, je ne compte pas les mois #optionlittéraireaubac). Etre à 8.000km évite les questions du style “alors, le petit second?” – ben oui, ne restent que les vrais amis qui sont malins et utilisent leur temps de parole pour des trucs importants (genre la rediff de l’amour est dans le pré, qu’est ce que c’est bon!!!).

Donc certains lancent le second. Littéralement, lancer – “tiens, si on en faisait un second” paf! le mois d’après l’affaire est pliée. C’est dommage, il n’y a aucun défi, trop de facilité.

Bon, on est contents quand même hein, d’ailleurs hormis d’un petit miracle (ahahaha), on ne se relance pas en pma maintenant pour une bonne raison. Mais quand même. Tu te dis que ça doit être cool de pouvoir maitriser ça. Comme dirait l’homme “de faire un bébé comme si tu commandais une bière au comptoir”.

Malgré tout, on se sent quand même un peu à part. On fait partie des mamans, on est passée du côté de la barrière. Mais il existe quand même une sous-catégorie de l’autre côté de cette barrière. Oui je suis maman, mais je culpabilise de le dire, je ne sens pas ma famille complète.

Parce que j’ai peur de ne pas revivre une autre grossesse, et de ne pas avoir assez savouré la première. De ne pas avoir assez profité de mon fils. Je me sens ridicule à conserver ses habits, “pour le second”.

Alors oui, encaisser les annonces est devenu plus facile (entendons nous bien que certaines restent de travers). Le sentiment est différent. On a surtout beaucoup de chance d’avoir été parmi les premiers et de ne pas être inondés de seconde, voire troisième annonce.

Mais le sentiment de “sous-groupe” est toujours présent.

 

 

Un lapin et une cup – retour d’expérience 

Voilà, c’est fait, je me suis lancée. J’ai préférée attendre 2 cycles avant de livrer mon retour d’expérience sur cet objet qui provoque des passions (ou pas). 

L’élément déclencheur a été ces études et reportages qui ont fait surface sur la toxicité de nos produits féminins. J’étais déjà au courant, mais ça m’a aidée à passer le cap. C’est surtout pour les nuits que je désirais trouver une solution: rester xh avec un tampon et risquer un choc toxique me préoccupait vraiment, et les serviettes ne sont pas une bonne solution pour moi les 2/3 premiers jours de cycle.

Parlons fond de culotte d’abord (parce que ça faisait bien longtemps): mes cycles sont d’une durée de 5-6j, avec un premier jour très douloureux (coucou l’adenomyose), un flux assez important les 2 premiers jours, qui s’atténue beaucoup ensuite. C’est donc à ces premiers jours que s’adresse la cup, surtout les nuits car novice pour l’utiliser au bureau.

En quête du Graal: c’est bien simple, pas vraiment le choix ici. Moi qui trépignait d’impatience devant la cup rose à paillettes, j’ai dû me résoudre pour le modèle basique et unique: je serai donc une diva…

Le premier essai: le j1 ayant eu la fabuleuse idée de débouler en plein milieu de la nuit, et n’ayant pas le courage de m’atteler à la chose à 2h du matin, j’ai attendu donc le second soir. Bon, j’ai bien galeré pour l’insertion. À me demander si je n’étais pas foutue comme tout le monde et comment un bébé était sorti de là. Une fois la mise en place, je m’aperçoit que ça fuit. Génial. On recommence l’exercice, avec l’homme qui me demande ce que je fais et les cris du mini lapinou en arrière fond. Surtout se détendre… apres le deuxième essai, tout roule. C’est quand même hyper bizarre les 20 premières minutes, on va pas se mentir. J’ai conscience d’avoir quelque chose en moi, la sensation que ça appuie sur ma vessie. Je me force à oublier et à ne pas faire ma chochotte et au bout d’une heure, je l’oublie. 

Je passe ma nuit sans avoir peur de choc toxique ou autre connerie, 0 fuite, 0 gêne, tout va bien. 

Au lendemain, je vais pour l’enlever: je ne sens pas la tige. Moment de solitude extrême. J’ai dû imiter la poussée (de l’accouchement ou d’un numéro 2, vous choisirez). Miracle, elle descend. Bordel je me voyais vraiment pas sœur biquet mettre la tête dedans à 6h du matin avec les pinces à barbecue.

Pour l’enlever, là c’est le gros point noir. Autant pour la mettre, on peut la plier. Pour l’enlever la notice te dit que tu peux. Je suis désolée mais encore une fois je dois pas être foutue comme tout le monde car je peux pas mettre mes doigts en entier pour pincer les rebords. Et si tu pinces la base, bien le liquide peut déborder, CQFD. Bref, j’ai vécu mon accouchement une deuxième fois. Point positif: maintenant je suis bien réveillée. Mais autant te dire que j’ai pas du tout envie de remettre ce truc pour la journée. 

Deuxième cycle, second essai: bon je ne suis plus une novice, ça va le faire. Mes cycles étant vicieux, mon j1 a débarqué un lundi, je n’ai pas eu le bonheur de tester toute la journée donc. La mise en place de fait plus facilement, j’ai la bonne technique. Toujours cette drôle de sensation en bas, je pense que j’ai dû me louper car c’est un peu gênant. J’ai même pensé à l’enlever mais après tous ces excercices pour la mettre que nenni.

Malheureusement même problème le lendemain matin. Je me suis couchée avec l’angoisse qu’elle remonte trop. J’ai pu la ressortir mais idem, je ne sentais plus ma tige sous mes doigts. Et je ne parle pas de la sortie, toujours très douloureuse.

Donc mon expérience est très mitigée. Je pense continuer à la mettre les premières nuits, et aussi les weekend quand les j1 tomberont bien (un jour). Je ne me vois pas encore l’utiliser au travail, de toute façon il faut sortir des wc pour atteindre les lavabos et je me sens pas la remettre sans la rincer (bon appétit).

Donc moralité: pour le prix que c’est, si vous hésitez, tentez. Peut être que vous serez mieux foutue/dégourdie que moi et ça passera mieux. Mais c’est vrai que quand on a trouvé le truc et qu’on la sent pas, c’est super pratique de ne pas avoir à se changer toutes les 3h…

Il y a 3 ans…

Vous avez vous aussi les notifications fessedebouc, “aujourd’hui y a x ans”?

Parfois elles font mal, parfois elles sont nostalgiques, parfois elles vous émeuvent plus que d’autres.

Ce matin j’ai eu cette fameuse notification. Il y a 3 ans, moi sur une plage (en doudoune quand même), les pieds dans le sable, le ciel bleu et le soleil derrière.

Il y a 3 ans jour pour jour j’étais à Jersey.

Je m’ennivrais de cidre aux fruits pour oublier le chagrin, j’ai séché mes larmes quand ça m’a pris 10 min de détailler mes récentes opérations sur la fiche médicale du spa, je me délectais d’entendre parler anglais et je prenais plaisir aux balades sur cette petite île anglaise.

Je n’avais pas envie de rentrer.

Comme toute pmette, c’était un week-end vital. Un weekend sans doute pris sur un coup de tete, après l’échec de notre 4eme transfert, qui fermait la page sur notre seconde fiv.

Un weekend vital avant de rempiler sur la troisième fiv.

La fiv gagnante.

Je ne le savais pas alors, mais c’était notre dernier week-end “vital”.

3 ans plus tard, nous sommes de l’autre côté de la planète, notre quotidien est rythmé par les pas et les cris de notre petit miracle.

3 ans, ça semble court, et long à la fois.

Une chose à retenir: ne pas perdre espoir. Jamais.

Toutes ces choses…

A mon fils…

Même si au tout début de ta vie, les choses ont faites que j’avais du mal à tisser un véritable lien avec toi. Oui je t’aimais, oui je t’ai tellement attendu et désiré que je me sentais comblée de t’avoir. Mais non, je ne t’admirais pas la nuit les yeux plein de larmes – je pionçais. J’avais peur de mal faire, peur de te blesser, si petit, si fragile. Pas à l’aise dans mon nouveau rôle, celui que j’avais imaginé pendant des années.

Aujourd’hui nous célébrons ma seconde fête de maman. Je ne sais pas si on peut dire cela, ou si on compte aussi celles que j’ai passé à t’attendre.

Mais voilà, plus tu grandis, plus je t’aime.

J’aime le fait que tu sois devenu plus câlin, ton petit bras qui passe derrière mon cou pour rapprocher ma tête de la tienne.

J’aime nos moments de complicité, nos bisous d’yeux, qu’on en fait que tous les deux.

J’aime te courir derrière à 4 pattes pendant que tu cours autour de la table en poussant des cris de joie (et d’excitation).

J’aime tes petites manies, si petit et déjà précautionneux, comme fermer toutes les portes en disant bye bye, rabattre toutes les cuvettes de toilette, ranger tes voitures les unes derrière les autres à la queue-leu-leu.

J’aime quand tu viens nous faire un câlin aux jambes.

J’aime être celle qui connait tes lubies du moment: la couleur bleue, les trains, les engins de chantier et les tracteurs.

Les moments difficiles sont ceux de l’éducation, quand tu fais une bêtise en en ayant conscience et qu’il ne faut pas laisser passer. Souvent, je laisse la place à ton père, pour éviter de céder.

Qui a dit que la parentalité était facile?

Pourtant, malgré tous les récents levers aux aurores-nocturnes-de soirée (barrez la mention inutile – et oui, on lui a remis ses barreaux), je ne changerai pour rien au monde.

Si tu me laissais faire (mon petit têtu), je passerai mes journées à te bisouiller.

Merci pur tout ce que tu es, et ce que tu représentes.

En espérant que toutes les mamans en devenir auront aussi cette chance ❤

L’épreuve du lit sans barreaux

Il y a exactement 5 dodos, nous avons décidé d’enlever un pan du lit de bébé de mini-lapinou.

Enfin “on”, plutôt Sieur Biquet, car on devait s’expédier hors du lit pour aller l’enlever du sien dès que monsieur se réveillait. 

Et depuis, on ne dort plus. Ou mal.

Voyez vous, on a été très chanceux d’avoir un pépère relax qui faisait ses nuits de 10-12h dès 1 mois, et qui faisait jusqu’à il y a 5j, des nuits de 11h avec 2/3h de sieste. La roue tourne mes amis, le karma, bref je ne sais pas on a les yeux qui collent le matin.

L’homme reste avec lui le temps qu’il s’endorme (il est dans sa période papa, si moi j’y vais il devient tout excité et demande son père). Et au choix: il se reveillé à 5h et vient nous voir, où il se reveillé pendant la nuit, vient nous voir et c’est partir pour tenter de le rendormir (minuit-3h cette nuit).

On essaie de garder une logique, et même si j’ai proposé à l’homme de remettre les barreaux (“je veux dormiiiiiiir”), il est vrai qu’il faudra bien les lui enlever un jour avant ses 18 ans il paraît.

Toujours est il qu’en attendant, on galère.

Et vous, ça s’est passé comment la transition au lit de “grand”?