Le retour des fonds de culotte

7 sa +3, retour des fonds de culotte. Quelques douleurs de règles hier soir et aujourd’hui, accompagnées d’un peu de vieux sang.

Mon esprit raisonné me dit que c’est normal, vieux sang on ne panique pas puis ça doit forcément grossir la dedans, donc faire saigner un peu, surtout avec mes précédentes chirurgies de geu.

Mais voilà on sait très bien que grossesse après fc/geu/grossesse biochimique (on coche pas ce qu’on veut, on garde tout), c’est compliqué de rester raisonnée.

J’ai déjà beaucoup de mal à me faire à cette grossesse. J’attend le balai eau sous gravillon à tout moment.

Le ventre qui gonfle? Forcément du gras qu’il me restera à perdre si je perd cette grossesse.

Les nausées contrôlées? J’ai pensé à la médication qui fait effet, maintenant je me dis que c’est parce qu’à l’intérieur, ça a rendu les armes.

Donc forcément, douleurs et vieux sang, je ne m’attend même pas à aller jusqu’à la prochaine echo dans 2 semaines… ou alors à recevoir une mauvaise nouvelle…

Ni vu ni connu

Vendredi, je n’y croyais pas. Tous les symptômes pré-j1 était la et je préférais m’attendre à ce que je connaissais le mieux: un beau négatif (ou un taux foireux).

J’étais d’ailleurs en train d’essayer de déloger un arbre mort quand j’ai entendu le “ding” indiquant un nouveau mail.

987 ui

J’ai passé tout le week-end à m’attendre à ce que le deuxième taux n’augmente pas, à me méfier qu’il soit aussi haut (ponction le 31/07).

4.000 et qq

On a franchi une étape.

Celle qu’on avait ps réussi à franchir l’année passée. Le taux étant similaire je m’attendais à ce qu’on me dise au téléphone la meme chose “désolée il n’a pas augmenté”.

6 eme grossesse, 3ème echo de viabilité. La première pour notre amour, la seconde pour la première GEU.

La cruauté de la COVID fait que l’homme ne pourra être avec moi. J’ai le souvenir d’avoir appris le sac vide l’année passée, la GEU celle d’avant. Je ne peux pas (re-)vivre ça seule. J’ai négocié à ce qu’il attende en salle d’attente, faute de mieux (nous sommes pourtant double vaccinés).

D’ici là, je retiens ma respiration, je n’ose y croire et je surveille mes fonds de culotte.

Merci à tous vos croisages ❤️

J-2

Le lapin est bugs bunny, un peu timbré la dedans.

L’attente est très compliqué lors de cette tentative. La pression de la der des der.

Bizarrement les intramusculaires de progestérone passent plutôt bien. On va bientôt manquer de place mais dans 2 jours c’est résultats.

Lundi soir petite surprise. Après 2-3j a avoir des douleurs de règles, du vieux sang en fond de culotte puis 2/3 gouttes de sang bien rouge, et plus rien sauf un peu de vieux sang…

C’est bien trop tard pour parler d’implantation, trop tôt pour parler de j1.

Voilà comment à j20, 9 jours post-transfert, j’ai eu le sentiment que dame nature se foutait bien de ma gueule une dernière fois…

P.s: j’évite toutes les pharmacies histoire de résister au test cl**rbl*e

Dire ou ne pas dire

Lors de notre première PMA, nous avons pris la décision de parler de notre parcours aux proches, puis à un cercle plus élargi.

Je conseille toujours aux gens d’en parler: pour avoir du soutien que l’on aurait parfois pas imaginé, pour ne pas avoir honte, ni se cacher, pour démocratiser le fait que l’infertilité touche 1 couple sur 6 (8 selon les études/pays).

Depuis la seconde GEU et suite à la crainte de ma famille, nous avons décidé de ne plus partager notre parcours, sauf à une poignée de personnes. D’un, parce que mes proches ont été ébranlés par le risque de me perdre, à chaque fois suite à une grossesse. Même si leurs mots étaient maladroits et douloureux (« contente toi du fils que tu as et arrête de t’acharner »), leur peine était visible. Aussi parce que les « il n’y a pas de raison que ça marche pas, ça a marché une fois, la j’y crois » sont toujours douleur eux et culpabilisants quand forcément c’est un échec (« suis je trop pessimiste? Pourquoi ça ne marche toujours pas? Pourquoi cette fois ci ça marcherait »). Sans parler des gens à décevoir par la suite…

Depuis quelques jours cependant j’ai eu envie de parler de ce qu’on a traversé à nos familles. « Hey au fait on a fait 3 autres fiv en 1 an! ». Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce que ça apportera. Rien, surtout si ça n’a pas marché. Je risque surtout d’entendre « arrête de t’acharner maintenant tourne la page ».

Alors je ronge mon frein. Plus qu’une semaine. Rien ne sert de dire quelque chose pour ensuite dire qu’en fait, le résultat est toujours le même…

Les jeux sont fait…

Ça y est, me voilà couveuse. Dans l’attente des 15j (9 restants).

Comme d’habitude, cette tentative a amené son lot de cafouillages. Un J1 qui se fait désiré. Une infirmière qui veut faire ma seconde écho à j10 alors que ma dernière ponction était à j7 (celle ci sera pareille). 3 échos en 4j, avec 1h30 d’attente à chaque fois (qui a dit que la pma était compatible avec le travail?).

La ponction et le transfert se sont bien passés. Le responsable de la clinique m’a prise en charge (on sent le dossier délicat!). Il semblerait que ma gyneco prenne des vacances à chaque fois que j’ai un protocole…

Un J3 a don’t été transféré car les autres embryons étaient beaucoup moins beaux. Ils ont d’ailleurs tous arrêtés leur développement à J4… l’histoire fait que du coup, j’y crois pas vraiment.

La seule chose ayant changé est la progestérone par injection. 1 semaine d’injections et j’ai mal au c*l mais c’est agréable de ne pas avoir les bonbons qui coulent h24. #blogglamour

Cette dernière tentative est dure à vivre – je réalise vraiment que cet embryon est notre dernière chance. Mais aussi une délivrance: on a vécu cette dernière année de tentatives sans tenir au courant nos familles, eux qui ont eu si peur suite à mon hémorragie. Le sentiment de leur cacher des choses.

Et puis j’en serai à 8 fiv: 3 pour mini-lapinou, 5 pour la seconde tentative. C’est assez. 8 fiv, 12 embryons transférés, des chiffres ronds.

Je vis donc difficilement c’est quelques jours d’attente, ne sachant pas vraiment que quel pied danser. Dans tous les cas, plus que 9 jours avant de clôturer ce chapitre qui aura duré les 10eres années de notre mariage.

La der de la der de la der…

Avoir l’impression que ça fait 1 an qu’on parle de cette tentative comme étant la dernière…

A l’automne passé il y a eu celle qui n’a donné aucun embryon. Puis celle avec l’erreur du labo en début d’année. Nous voici donc avec la MIV “gratuite”, et surtout, avec le bon produit de sélection des spermatozoides, le zymot.

J’ai donc voulu en finir le plus rapidement possible pour enfin pouvoir tourner la page (mon côté superstitieux me fait penser aussi qu’on a jamais fait de tentative l’été).

7 mois après la première MIV, nous voici donc pour une deuxième. Seul changement dans le protocole (hormis le zymot), la progestérone, si transfert il y a.

Ici ils vous filent une ordonnance et vous choisissez… ça fait bizarre, ayant eu l’habitude d’un suivi millimétré en France. Cela explique peut être pourquoi ça a marché la bas et pas ici…

On a donc le choix entre les fameuses gélules qui coulent, des cachets à insérer 3 fois par jour (et 2 fois plus chers), ou l’injection de progestérone.

La pharmacienne m’a conseillé cette dernière. Au vu de mon parcours, c’est la seule chose qu’on ait pas encore essayé et selon les feedbacks qu’elle a eu de médecins et infirmières, on dirait qu’il y a une légère augmentation des grossesses. Comme elle dit “ce sont des intra musculaires mais au vu de votre parcours vous n’êtes plus à ça près”. C’est pas faux.

Si l’une d’entre vous a pu expérimenter ces fameuses injections, laissez moi savoir!

Transfert de l’embryon #11

Il me semble… difficile de suivre!

Le transfert s’est très bien passé, réalisé par le directeur de la clinique lui même.

Une petite frayeur en début de cycle: du spotting, puis un j1, et un j2 qui a montré un follicule de 12mm…. Décidément quand y en a plus (des surprises), y en a encore.

On a donc transféré un beau j5 en expansion, on a fait coucou.

Maintenant on croise pour les dates. En le voyant à l’écran je me suis permise d’y croire. Sentir mon cœur se gonfler d’espoir. Ponction de mes 35 ans, transfert 15j avant celui qui avait été gagnant pour mini-lapinou, résultat à 3j de nos 10 ans de mariage…

D’ici là, on attend. Bizarrement, « j’oublie ». Il faut dire qu’au dernier transfert j’avais tellement les nerfs de leur erreur de protocole… là je vis normalement, alcool en moins, cachets et loven*x en plus.

On verra le résultat mais l’envie d’une dernière MIV avec le bon protocole est de plus en loin et abstraite…

Pourquoi je mens…

Au début de notre parcours, nous avons toujours été très ouverts avec notre famille. D’ailleurs mon premier blog enroutepourmininous leur était dédié à ses débuts (avant de connaître un succès lol – ou pas).

Pour éduquer, et pour éviter les questions qui peuvent irriter (au 3ème “alors ça a marché??? Non??? Pourquoi??” on n’a pas forcément envie de répéter et revivre certains moments).

Nous avons mis plus de temps à le dire à nos amis. La pudeur. Nous mentions – on ne pouvait pas sortir parce que j’étais fatiguée. On était malades. Autre chose de prévu. -> la piqure de 20h puis la fatigue extrême.

L’infertilité étant masculine au début je ne voulais pas non plus brusquer Sieur Biquet. Puis alors que les gens se disaient que quand même, on était mariés depuis quelques années, d’avoir des réflexions douloureuses “ah tu bois pas d’alcool??”, nous avons fini par communiquer nos soucis à nos amis.

Nous avons eu du soutien, quelques déceptions aussi. Le temps allant, le soutien se faisait moindre. Les personnes étaient affairées à fonder leur famille puis notre déménagement entraînant une grande distance physique… ce qui ne nous concerne pas peut nous passer au dessus…

Après ma seconde GEU nous avons arrêté d’en parler à nos parents. Les miens se faisaient trop de souci, ayant failli perdre la vie dans ce désir de maternité.

Puis après l’échec de notre dernière fiv l’année passée, quand nous avons commencé à faire ce deuil de second enfant nous avons arrêté d’en parler à nos amis. Pour eux, le parcours PMA est fini, à part une poignée qui nous rend service (garde d’enfant lors des ponctions, signature de témoin etc). Idem pour le travail.

Pourquoi? A cause de l’attente. Les “ça va marcher!”, “j’y crois!”, “faut garder espoir” finissent par m’irriter et me peiner. Parce qu’on ne sait pas si ça va marcher, parce qu’avoir de l’espoir sans cesse depuis 10 ans c’est lourd à porter, parce qu’aussi les gens nous demandent si ça a marché, et là faut expliquer que non. C’est con mais t’as l’impression de les décevoir, eux qui avaient de l’espoir.

Alors que toi franchement ben tu avances sans trop rien attendre parce que tu sais. Mais gérer les attentes des autres, ça devenait contraignant. Sans parler des platitudes d’après l’échec…

Pour ce TEC on avance muets aussi. Sans rien dire.

En cas d’échec et de dernière MIV (la gratuité offerte pour réparer leur bourde), je pense en parler au travail.

Parce que ça a toujours bien été accepté. Parce que ça sera compris (quoique dire à ma cheffe que non la pma c’est fini pour dire “en fait finalement…” ça fait pas super crédible. Elle risque de pas me croire si je dis “non mais c’est la dernière!”).

Et surtout parce que j’en ai marre de mentir. Dire que ça va par WhatsApp c’est pas compliqué. Mais mentir pour couvrir ses absences au travail, sa journée de ponction etc, c’est pénible. Très pénible.

En dehors de ça, je me suis récemment posée la question de cette MIV. J’en ai marre, et ça me gonfle d’avance de devoir de nouveau passer 2h à attendre échographie, pds et infirmière. parce que j’ai le sentiment qu’on a trouvé un équilibre, même s’il est forcé. Parce que j’ai peur que cela marche et de le perdre une énième fois. Parce que j’ai peur du post partum. Parce que je suis fatiguée…