L’imprévu

(Qu’on se “rassure”, pas de miracle ici).

C’est “grâce” à un J1 très en avance sur ce cycle que nous sommes dans les starting-blocks bien plus tôt que prévu. J’avais comme prévision de me rendre dans le pays natal vers la fin du mois d’octobre, et au final, me voilà prévue pour arriver mi-octobre, soit dans 3 semaines.

Comment résumer la situation?

no

lapin panique

nervous

J’ai pas envie. Marrant non? T’attend un truc depuis des mois, tu t’y prépares, mais quand le truc arrive genre 2 semaines plus tôt que prévu, paf tu paniques!

On a même pensé retarder le truc d’un mois, histoire de se laisser un peu plus de temps, de déraciner un peu moins Taz (oui car là on a un impératif professionnel pour Sieur Biquet qui nous fait rester 1 mois 1/2 au lieu d’un mois). Il aurait pu gagner 1 mois de plus de cours de piscine et moi de yoga. Bref, ce ne sont que des détails n’est ce pas?

Tout ça rappelle à quel point être loin est relou. J’attend toujours mon protocole et mes ordonnances.

wait

Bon, normalement tu ressorts pas de ton rendez-vous sans. Mais là, à distance, par téléphone. Alors oui j’ai relancé. Oui ça aurait dû partir, ça leur dit quelque chose. Mais j’attend toujours. Le stress augmente car je pense prendre mes billets avant de recevoir ces papiers.

Je vais devoir aussi suspendre mes droits pendant cette période, en espérant que la longueur de cette absence ne me vaille pas une radiation (manquerait plus que ça).

La pharmacie du village est sur le pied de guerre et attend aussi ces fameuses ordonnances.

Les cachets pour l’endomètre sont gobés depuis début septembre (heureusement que j’avais de l’avance et une amie très bienveillante qui m’a dépannée).

Pour la première fois en presque 5 ans de PMA, je peux le dire: je ne suis pas prête. J’ai pas envie. Mais il le faut.

 

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Découverte d’un site

Aujourd’hui, le lapin laisse de côté le médical pour parler du second volet du blog: l’expatriation.

J’ai découvert il y a quelques jours un site très utile, les-petits-expats.com. On y retrouve des témoignages de familles expatriées, des blogs, des petites boites cadeaux françaises. 2 sections ont retenu mon attention:

Le côté pédagogique et scolaire. Prenons l’exemple de ma région. Deux établissements sont reconnus par la France au niveau programme. Tous les deux sont dans la grande ville, bien trop éloignés pour nous. Hors dans l’optique d’un retour, c’est quand même mieux d’avoir une éducation pas trop en décalage avec la france. J’ai donc découvert qu’un célèbre organisme de cours à distance proposait des cours complémentaires spécialement pour les enfants expatriés, à partir de 5 ans (je crois). Toujours bon à savoir!

Le côté échange et découverte. Des instituteurs ont comme projet de faire un tour du monde épistolaire avec leurs élèves, ou autres projets. J’ai un peu cherché les projets d’âge convenable à l’héritier (parce qu’échanger avec une classe de CM2, on a pas encore le niveau soyons réalistes), et voilà que cette année, nous allons échanger et faire découvrir le Quebec à une classe de petite et moyenne section de france! Bien que Taz ne prenne pas vraiment conscience du truc, je suis contente de pouvoir aider et faire voyager des petits français.

Gratitude

Définition du Larousse: reconnaissance pour un service, pour un bienfait reçu; sentiment affectueux envers un bienfaiteur.

C’est le sentiment que je m’oblige à avoir dès que le moral baisse un peu.

Je n’oublierai jamais ce qu’un jour, j’ai dit à ma psychiatre après m’être décidée à consulter, 1 mois après notre diagnostic d’infertilité. 1 mois où je souriais plus, où je ne parlais presque plus, où je me laissais porter par les jours. J’avais déconnecté. Lors de mes premières consultations, elle m’avait demandé si je voulais des antidépresseurs. Ce à quoi j’avais répondu que non. C’était une maladie du mental, je voulais m’en sortir par le mental.

Ainsi, à chaque fois que l’humeur se fait maussade, je repense à cette parole. A cette image de taper le fond marin pour remonter à la surface. Se donner un coup de pied aux fesses. Et avoir de la gratitude.

J’ai de la chance car j’ai un couple soudé. Un premier enfant (ce qui est bien plus que certaines PMettes). Un enfant en bonne santé. Pas de maladie grave. Nous sommes propriétaires. Nous avons accompli notre rêve de vivre Outre-Atlantique, même si ce n’est pas évident tous les jours. Nous avons une jolie maison. Nos parents sont toujours là. Nous avons de la famille, des frères et soeurs. J’ai dû renoncer à une activité professionnelle, mais jusqu’à présent je ne m’ennuie pas. Ma maison est propre (maman sort de ce corps), je fais mes courses quand il n’a personne (asociale), je refais des mandalas, je lis à tout va, nos weekends ne sont plus speedés, je peux cuisiner. Je suis française et j’ai toujours la possibilité d’aller en France pour les soins, une chance énorme par rapport aux infertiles d’ici. Mon mari gagne suffisamment bien sa vie pour que j’arrête de travailler pour me consacrer à l’élargissement de cette famille.

Et bien sûr, des petits plaisirs du quotidien. Lors de mon premier parcours, je tenais un petit carnet, dans lequel je notais une chose positive par jour, une chose pour laquelle j’avais de la gratitude. C’est une pratique que j’envisage peut-être de reprendre, si la prochaine FIV est un échec et que la pente est un peu plus dure à remonter.

Je ne sais pas si on peut qualifier ça d’optimisme. De même que je ne pense pas mériter plus de médaille qu’une autre. On avance chacune comme on le peut, et je suis déjà bien plus chanceuse que d’autres.

N’hésitez pas à partager vos astuces feel-good 🙂

L’enfer, c’est les autres – épisode 2

Aujourd’hui, je peux faire 2 comparaisons: avoir dévoilé son infertilité et l’avoir caché, et réactions PMA 1 vs PMA 2.

D’abord la conclusion: quoique vous choisissiez, vous allez être déçus/surpris par certaines personnes.

Flashback PMA 1:

Nous n’avions mis au courant que notre famille, ainsi que ma meilleure amie (et la blogosphère). Sieur Biquet avait honte, et ne se sentait pas prêt. Même si je vivais mal d’être en cachette, on est dans cette épreuve à 2, on avance et on décide à 2. J’ai respecté son désir. De ce fait, nous avons supporté beaucoup de “et alors vous vous y mettez quand?” et de mensonges “non je ne peux pas venir ce soir, j’ai aquaponey” (= ponction, piqûre ou autre). Le désavantage majeur quand même étant que tu souffres en silence et que tu passes pour un gros associal. Nous avons mis les gens dans la confidence vers la fin du parcours (forcement quand tu chiales au énième “mais… tu prends pas d’alcool? T’es enceinte?” tu donnes un minimum d’explications).

PMA 2:

Les gens sont au courant. On ne se cache plus, on n’a pas à avoir honte, on a besoin de soutien, surtout si loin. Tu penserais alors qu’ils auraient retiré les leçons de la PMA 1? Eh bien non. L’être humain est un chouilla égoïste, ce qui ne le touche pas, il ne le retient pas. Certes on ne peut pas lui en vouloir, le train train etc, mais tu peux en être blessé.

Ainsi donc, notre entourage savait pourquoi nous revenions 1 mois.

Ce sont les suites qui sont cocasses. Petit florilège:

1- la personne qui te donne des nouvelles que pour t’annoncer une grossesse, un accouchement et te souhaiter ton anniversaire avec 15 photos de son morpion.

awkward

2- celle qui te demande 15 fois comment se passe ton nouveau taf alors que tu viens d’expliquer 3 fois que tu l’avais perdu pour la PMA, qui te demande ensuite comment ça s’est passé et ne répond pas pendant 5 jours après que tu lui parles de l’échec.

worst

Enfin quand elle te répond c’est pour te dire “ah désolée – mais le médecin avait dit quoi?”. J’ai toujours pas compris la question.

what

3- la personne qui ne savait pas comment réagir en PMA 1 et n’a toujours pas compris en PMA 2. Qui te demande de la tenir au courant pour le résultat. Ce que tu ne fais pas car bon, envoyer “salut, c’est négatif, enfin ça ne l’est pas mais ça va l’être” c’est touchy. Qui ne te demande pas de nouvelles. Qui t’avoue par la suite avoir deviné, mais ne pas savoir comment réagir. Mais que c’est cool, tu vas pouvoir manger des carpaccios!

idiot

Donc la moralité de l’histoire, c’est que même en n’attendant rien de personne, on peut quand même être déçus. Que ce soit en vivant son parcours caché ou à découvert.

hopes dreams

Le lapin au foyer

Non, ça ne veut pas dire lapin cuisiné au feu de bois. Quoique, si ça donne ça…

cooking

1 mois que nous sommes revenus dans notre pays d’adoption. 1 mois donc que j’expérimente la vie à la maison.

Une chose est déjà certaine: je ne pourrai pas m’occuper toute la semaine d’un petit de 3 ans 1/2. Rétrospectivement, à 6-9-12 mois je dis pas, ça me tente. Mais le 3 ans 1/2 a 10 fois plus d’énergie que toi, la centenaire. Car oui, tu te pensais jeune mais face à lui, en fait non.

fatigué

Donc chapeau à celles qui maitrisent l’art du homeschooling et de la bienveillance, moi Sieur Biquet m’a déjà retrouvée en larmes après une journée compliquée où mini-lapinou a décidé de faire son rebelle.

En 1 mois, je n’ai pour le moment pas eu le temps de m’ennuyer: retour de “vacances” d’un mois, emménagement dans une nouvelle maison, ré-adaptation en garderie du petit (3j/semaine), gestion du bordel du TEC. 1 mois, ça fait long, mais avec tout ça, ça passe assez vite.

Et pourtant, je dois souvent rendre des comptes. Les gens (bon allez jetons les sous le bus), la famille me demande souvent “et tu fais quoi aujourd’hui?”. Et là je me sens obligée de détailler une journée de ministre pour ne pas passer pur une grosse feignasse qui n’a même pas son enfant toute la semaine.

bored

Avec la fameuse question “ah (oui parce que soyons honnête, ta journée n’est pas passionnante)… et puis?” ben rien. Lire, regarder une série, réfléchir au programme de demain avec Taz (nouveau surnom de mini-lapinou).

Alors soyons honnête une fois pour toute.

Ce que j’aimerai répondre aux gens, mais vous comprenez ce n’est pas très politiquement correct (déjà que j’ai peu d’amies):

Non je n’ai pas CHOISI d’arrêter de travailler, j’ai DÛ faire ce “choix” car je ne suis pas foutue de faire un enfant comme tout le monde. Donc oui, mes journées sont pas passionnantes, non ce n’est pas comme ça que je m’imaginais à mon âge, mais c’est comme ça, il a fallu donner une priorité même si elle est subie. Donc merci de garder vos réflexions pour vous.

slap

Septembre va voir une nouvelle organisation. Début des activités pour Taz et moi – natation pour lui, yoga pour moi. Un mois “creux”, puisqu’Octobre verra l’organisation de notre retour au pays pour 1 mois en Novembre, pour la FIV IMSI.

Second espoir pour notre raison légitime à l’arrêt de mon travail…

Tel un chat…

Dame Lapin a plusieurs vies.

“Ça va, ça va”. C’était honnête.

Puis il y a eu ces quelques larmes (histoire de pas paniquer mini-lapinou). Cette tristesse.

J’ai eu plusieurs vies. Celle chez mes parents, celle célibataire, celle de PMA, celle dans ce nouveau pays.

Sieur Biquet a croisé 2 de mes anciens chefs. Et mon cœur s’est serré de la vie que je venais de quitter. Par choix oui et non, par obligation.

Pas de minute ouin-ouin, pour l’instant je ne regrette pas (même si les interactions adultes me manquent, ainsi que le sentiment de servir à autre chose que le foyer #annees50). Avant j’avais l’impression de n’avoir le temps à rien. Je survolais tout et faisait tout vite. Aujourd’hui je me suis enfilée 1 saison d’une série, fait tourner une machine de linge et de vaisselle et testé une nouvelle recette. Mardi j’ai planté des fleurs et j’ai kiffé.

Mais mes collègues me manquent. Résoudre des conflits, trouver des solutions à des problèmes, aider des dirigeants dans leur quotidien. Être utile au fonctionnement d’une grosse boîte. Ça me manque.

Et puis il y a reprendre contact avec les amis de France. Ceux qu’on avait laissé, les doigts croisés pour nous. Reprendre contact, répondre à la fameuse question. Quoi répondre d’ailleurs? Minimiser et dire que c’est juste pas pour cette fois? Rentrer dans les détails façon psy?

Bref cette simple discussion de quelques minutes, sur ma vie passée, délaissée, m’a serré le cœur…

Les envies

J’ai envie de faire une pause

J’ai envie de profiter

J’ai envie de vivre sans piqûre et sans échographie intime

J’ai envie de laisser tout ça derrière moi et tenter d’oublier

J’ai envie d’investir notre argent et nos vacances à découvrir le monde.

Mais en réalité, je suis prête:

À reporter des bas de contentions et à me piquer 9 mois

À vomir mes tripes les 3 premiers mois

À me lever x fois par nuit au moindre bruit de travers

À refaire des biberons et des petites purées maison (même s’il préfère les gourdes synthétiques)

À re-changer des couches (on a jamais arrêté) et à essuyer les régurgitations

À sentir l’odeur d’un nouveau né (je vous ai raconté que j’ai sniffé la tête des bébés de nos potes cet été?)

À faire gouzi-gouzi

À admirer l’évolution de ce petit être

À aimer x3…