Et maintenant

“Que vais-je faireeeee” – interlude musicale du soir

2019 commence, nouvelle année, nouveaux (et vieux espoirs), nouvelles possibilités.

Comme à mon habitude, je n’ai pas fait de résolution. Enfin si, boire plus d’eau, mais bon on parle plus de santé.

Á la place nous avons un… Action plan! (À ne pas confondre avec action man)

Janvier, on reprend ses marques après ces aller retours en france et tout et tout. Un examen médical, puis un autre suivront début février. Février, consacré á la venue d’amis! Je vais pouvoir profiter à fond de leur venue!

Mars, je l’espère, sera le mois de la FIV 5. Déjà 5 FIV oui. Le quota de certains pays (coucou nos amis belges) serait déjà atteint. Ce chiffre me fait peur, pour ma santé. Jusqu’où aller? Mais ça c’est un autre sujet.

Mars-avril donc, mois des piquouses je l’espère!

Car si cette tentative est (encore) négative, mon souhait serait de reprendre mon ancien travail, si les horaires peuvent être aménagées pour les quelques tentatives que nous devront faire. Á $10.000 la tentative, une chose est sûre, on ne risque pas de les enchaîner tous les mois ou tous les 2 mois!

Si cela marche bien sûr, happy me, le travail attendra.

Côté bonheur aussi. Même si les tentatives vont creuser le budget, notre dernier voyage remonte à 3j en mai 2018. À force de faire des aller retours pma aussi… Mes prochaines destinations seront donc la Gaspésie, les îles de la madeleine ou Boston! Bien sûr si pas de grossesse il y a (quitte à creuser le budget…).

Je commence aussi à faire un travail sur moi même. Á tenter d’accepter l’idée qu’on n’y arrivera peut être pas. Qu’à un moment, il faudra dire stop. Je ne sais pas où se situe cette limite, quand elle arrivera. Mais je me prépare. Pour ma survie.

Je vous souhaite de beaux projets et de belles réussites pour 2019!

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Bilan 2018

J’ai toujours préféré les années paires. Je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça. Ça sonne mieux, c’est plus rond, c’est débile. Parce que mes années de réussite ont été en impaires – 2005 (rencontre), 2011 (mariage), 2015 (notre miracle PMA). Espérons qu’il en soit de même pour 2019…

2018 fut une année très dure. Je ne dis pas ça pour attirer le lecteur, qu’on ait pitié, ou autre. Pour moi, elle ne fut pas simple et je suis ravie et soulagée de tourner la page.

– 3 a/r en France en 1 an pour la PMA

– 0 vacances du coup

– 1 TEC foiré

– 1 FIV foirée (et de 4 accumulées)

– 1 boulot que j’aimais, perdu, mis entre parenthèses, enfin ce que vous voulez

– 2 accroches, puis décroches

– 1 remise en question

– 1 annonce de maladie dans l’entourage proche familial pas facile

– 1 séjour aux urgences du mari il y a peu (rien de “grave” ou de vital, rassurez vous)

– 1 annonce surprise de grossesse un peu douloureuse juste avant Noël (celle que tu n’attendais pas)

Á côté de ça, je retiens quand même:

– des souvenirs avec la famille (hormis voir ma mère pleurer de douleur après notre fiv, et mon père jurer pour l’erreur médicale)

– notre maison, dont nous sommes propriétaires

– des amitiés inattendues resserrées

Alors même si je débute 2019 dans le flou absolu niveau professionnel (ne me demandez pas où je me vois dans 6 mois!) et même médical, je garde espoir. Parce qu’il le faut, n’est ce pas?

Les nouvelles

Bizarrement j’ai de moins envie de communiquer sur le sujet. Comme si je voulais profiter de ces mois d’attente forcée pour faire l’autruche (je vais bien, tout va bien, j’en suis pas du tout à 4 fiv).

Ceci dit, il y a plutôt des bonnes nouvelles.

Vous voyez le couple qui fait des blagues dans le centre de fertilité? Les tarés, c’est nous. On est un peu rodés, on a notre enfant miracle qui nous permet d’essayer de rire des situations (au lieu d’en pleurer…).

Après avoir vu l’urologue donc (qui nous a fait excellente impression), nous savons pourquoi eux, ne préconisent pas l’imsi pour nous. La fragmentation de l’ADN est trop élevée, même si on sélectionne au microscope x5.000 celui qui a pas l’air trop débile, on est pas sûrs que sa fragmentation d’ADN soit ok. Ce qui peut expliquer les 7 autres blastocystes qui ne se sont jamais accrochés (adn ou coagulation? Vous avez 2h pour débattre).

Donc eux partiraient plus sur une sélection sur l’ADN. Qui dit bon adn, dit bonne formation. Donc soit le TESA (l’homme va se faire ponctionner! Une ponction chacun, enfin l’égalité!), soit la technique un peu “expérimentale” (mais qui a 20 ans) qui vise à utiliser l’annexine.

Bien sûr tout cela a un coût, mais quand on aime on ne compte. On nous a annoncé un tarif d’environ $10-12.000 max. moins que ce que j’avais estimé (mais un rein quand même).

Le truc rigolo de l’histoire c’est que l’homme a eu droit à une palpation debout. Et que le gars a découvert une…. varicocele!!!! En 2 secondes. On va rappeler qu’il y a 6 ans il avait eu une échographie qui n’avait rien détecté. Apparement le truc ne se voit pas allongé…

Une confirmation par échographie est nécessaire, cela nous renvoie à février – l’urologue souhaitant les faire lui même.

C’est bête à dire mais nous avons l’impression d’avoir touché le gros lot. Nous avons cet espoir fou qu’une fois l’opération de ce bidule fait, nous aussi on aura une chance de faire des enfants sous une couette (ou ailleurs, mais sans les 20 gus qui nous aident).

Voilà pour les nouvelles. Pour une fois, je ne suis pas concernée par les examens. Même si le fait de recommencer dans un centre que je ne connais pas (et avec ce coût – pression en plus, faut pas se planter!) rajoute un peu de stress. En attendant, je tente de dormir avec mes boites de progestérone à l’autre bout de la chambre (va falloir que je les stocke ailleurs, histoire de mieux faire l’autruche…).

L’angoisse

Jusque là ça va. Jusque là ça allait. Ne pas trop savoir où on allait, tout reste possible.

Demain nous serons fixés. Demain nous avons notre dernier rendez vous avec l’urologue d’ici, qui nous dira ce qu’il peut faire pour nous (hormis l’imsi).

J’ai la trouille.

La pma ce n’est déjà pas simple. Mais se sentir la fin du caniveau de la pma dans un pays qui ne peut pas vraiment nous aider ajoute un drôle sentiment.

Il ne s’agit plus de foncer tête baissée dans les traitements. Mais accepter avec gratitude quand et où nous pourrons les faire.

On arrive déjà à Noël. Déjà. 3 mois d’attente forcée passeront ils aussi vite?

D’un coup mes tracas de ma première pma me semblent bien surmontables. Bien sûr depuis nous sommes parents – la perspective est toute autre.

Mais le mois de pause qui pouvait me sembler intolérable avant, maintenant je l’envie. La liberté de pouvoir décider quand reprendre – et ne pas être cloisonnée par une histoire de sous, ou d’organisation.

Demain nous saurons. Savoir où ne pas savoir au final, quel est le meilleur?

Retour au bercail

Une semaine que nous sommes rentrés. Nous avons laissé derrière nous un pays pas si différent de celui que nous avons quitté 3 ans 1/2 auparavant, un pays qui désormais va s’apparenter aux échecs PMA, couplé à l’espoir (ambivalence bonjour!).

Mini lapinou a très rapidement retrouvé ses marques, y compris l’anglais à la garderie. Ses copains sont venus lui faire un câlin à son retour (moment de mignotitude). Et il a dormi jusqu’à après 7h pour la première fois en 1 semaine (alléluia!).

Quant à nous, heureux d’être chez nous.

La pma n’est pas loin derrière nous. Nous sommes partis après avoir envoyé un recommandé au laboratoire (toujours pas d’accusé de réception, le courrier doit moisir à la poste), mais aussi avec un protocole.

Le rdv PMA d’ici a été fait. L’imsi n’est effectivement pas pratiquée au Canada. Selon eux l’icsi donne de meilleurs résultats (dans élément de comparaison donc et on a vu ce que ça donne chez moi). On attend de voir l’urologue, spécialisé dans les bestioles pour voir leur alternative. Qui à $15.000 la tentative a intérêt à être bonne.

Le médecin nous a fait bonne impression, le centre moins. L’infirmière qui devait répondre à nos questions était un répondeur automatique. Même réponse à chacune de mes questions “quand vous appellerez pour débuter votre cycle…”…

Même chose quand nous sommes allés à la salle d’attente des prises de sang. 11h, des gens debout, par terre. 1h d’attente pour me faire dire qu’une de mes analyses devait être faite ailleurs.

Et il s’agit du centre hospitalier le plus réputé de la province…

Suite au prochain rdv donc…

« Allez viens on n’y va pas »

La fameuse chanson de Benabar.

Taux du jour à 24 ui. Retour à la case départ.

Après de grosses chutes il a seulement baissé de 47 à 24 depuis vendredi.

Je sais qu’il faudrait que je contrôle encore.

Mais honnêtement je m’en fous. J’ai plus envie, ça me gonfle royalement.

C’était mon 7eme dosage HCG depuis le transfert. En 1 mois je n’ai eu que 4j sans piqûre/prise de sang.

Alors je ne rappèlerai pas le cabinet. Tant pis. Là, j’ai pas envie, j’en ai marre.

La boulette

La grosse, l’énorme, l’énormissime, la gigantesque, la méga, l’incroyable, l’inimaginable boulette.

Tous ces sacrifices, nous l’avons fait pour cette technique qu’est l’IMSI. Dont nous avons besoin. Plus de 30% de fragmentation d’ADN, couplé à une tératospermie très sévère, des anomalies à 97% sur la tête (du zozo, la mienne va très bien – quoique).

Nous avons traversé l’océan, déscolarisé notre fils 1 mois 1/2, j’ai quitté mon travail, nous avons économisé cette somme pour cette technique qui n’existe pas au Canada. Combien de fois me suis-je vantée du service de la santé en France, et de mon centre. Le privé, on paie mais pour un bon suivi. Eyl*u, le laboratoire le plus pointu de la capitale sur la PMA.  Mon Gygy Miracle qui, alors, connaissait notre dossier sur le bout des doigts et nous suivait aux petits oignons.

Nous ne comprenions pas cette perte d’embryons avec cette FIV. Je l’avais déjà dit, jamais nous n’avions eu une telle perte lors de nos 3 dernières FIV IMSI. On m’a dit que c’était les 4 ans de plus. Puis que certains ovocytes étaient peut être trop mûrs. Que la prochaine fois on ferait une ICSI – “euh docteur nous étions déjà en IMSI!”.

Puis nous avons compris. Tout seuls. Du haut de nos non-formations médicales. Et ce fut le choc. D’ailleurs, les mains tremblent sur mon clavier. Mais je me dois de dénoncer cette erreur.

Nous avons réceptionné le fameux compte-rendu post-FIV/transfert:

labo

Il ne manque pas une coche à une case? Comme un neurone au biologiste?

On s’est renseigné, on a trouvé ça sur le site fiv.fr:

icsi

Puis on a compris. On a compris la perte de 8 embryons en 24h. On a compris pourquoi on n’en avait eu qu’un. Qui s’est fini en fausse couche.

On a compris mais on n’a pas voulu y croire. C’est forcement une faute de frappe. C’était bien marqué sur mon ordonnance présentée au labo lors de la ponction, “AVEC IMSI” en gras. C’est Eylau bon sang! Pas le labo/clinique de quartier.

Alors le lendemain, 7h39 j’appelle. Une peu hystérique. On me dit qu’ils ont effectivement fait une ICSI. Que j’ai pas donné de chèque pour IMSI donc c’est qu’ils ne l’ont pas fait (“la bonne blague, j’étais en anesthésie générale, mon conjoint a donné les chèques qu’on lui a réclamé!”), que peut être que la décision a été prise à cause du nombre de spermatozoïdes (“1- je vois pas ce que ça vient à voir, 2- on a eu le même nombre aux FIV précédentes”). Qu’on va voir avec la biologiste et qu’ils me rappelleront.

L’après-midi je rappelle.

Ce matin je rappelle.

Ce midi enfin la biologiste me rappelle.

Elle ne sait pas trop où se mettre. Ils ont pas vu la mention IMSI (ils manipulent nos gamètes mais ne savent pas lire). Que ça n’aurait peut être pas marché avec l’IMSI (“oui enfin on vient spécialement pour l’IMSI, l’ICSI on serait restés au Canada”), que la dernière fois il m’avait fallu 3 IMSI pour être enceinte (“oui, des IMSI, et c’est parce qu’on ne m’avait découvert mon problème de coagulation”).

Alors voilà. C’est fait, c’est fait.

A l’heure actuelle, nous aurions pu avoir plus de blastocystes.

A l’heure actuelle, j’aurai pu être enceinte, au lieu de faire des prises de sang tous les 2 jours pour regarder mon taux chuter.

A l’heure actuelle, nous aurions pu avoir économiser les milliers d’euros que nous coutent cette tentative.

A l’heure actuelle, j’ai perdu confiance en notre médecin et en ce laboratoire (à qui il faut maintenant 4 heures pour un simple bêta HCG).

A l’heure actuelle, je suis folle de rage, et en larmes.