Une (re-)naissance

Attention, post relatif à l’accouchement

Je trouvais que parler de mon accouchement était quelque chose de trop intime. Mais en fait, j’ai besoin d’extérioriser cet évènement et aussi, j’aimerai en garder une trace, quelque part.

Nous sommes dimanche 8 mars.

3 jours avant mon rendez-vous de la 39ème semaine, rendez-vous où la date du déclenchement sera décidée (NB: étant sous Lovenox depuis le transfert de Pif et Hercule, si je souhaite une péridurale et ne pas être sous anesthésie générale en cas de césarienne, il faut provoquer l’accouchement dans une fenêtre thérapeutique où je n’aurai pas fait mon injection depuis 24h). 10 jours avant, lors du dernier rendez-vous à 37 SA, on m’avait avertie que ça serait “pour bientôt”, mon col étant encore long mais ouvert à 2.

Ce dimanche donc, des contractions débutent en début d’après-midi. Pas de panique, nous avons déjà eu des épisodes de faux travail. 2 spasfons et en avant la compagnie. Le soir, les contractions ne passent pas. Idem, ne paniquons pas, c’est déjà arrivé. Tant que je ne suis pas pliée en 2 à gémir comme dans Baby Bo*m, je n’irai pas à la maternité! Point!

La soirée se passe, avec quelques moments de répit, et des contractions qui ne sont toujours pas espacées toutes les 5 min, mais plutôt toutes les 10 min environ. La nuit “passe”, j’ai dormi 3h. Mon bassin me fait beaucoup souffrir, je pense me l’être encore déplacé.

Lundi 9 mars

Je suis les conseils de la gynéco qui me suit à la maternité, et à 7h je réveille Sieur Biquet en lui demandant de m’emmener à la maternité afin de faire un examen, avant de faire ma piqûre de Lovenox à 9h du matin, “au cas où”. Arrivée là bas, le col est court, mou et ouvert à 2. On me conseille d’aller me balader pendant 1 bonne heure, puis on me ré-examinera. Les contractions sont toujours rapprochées de 5-10 min, je transpire comme un boeuf et j’ai dû bouffer une plaquette de spasfon.

Le col n’a toujours pas bougé malgré la balade, mais il est maintenant midi, trop tard pour faire l’injection de Lovenox. On me pose le cathéter et on m’annonce que ça sera pour aujourd’hui! Je suis transférée en salle de naissance, où je me soulage avec le ballon.

Dans l’après-midi, les contractions diminuent et s’espacent… A 17h, on parle de me laisser rentrer chez moi, pour me faire revenir le lendemain matin à 7h et me déclencher à ce moment là. Que comme ça je pourrai me reposer (big LOL au vu de la nuit précédente), et que si jamais cela ne va pas dans la nuit, je n’aurai qu’à revenir. Le cathéter ayant été posé, je rechignais à rentrer. J’avais aussi peur de devoir revenir, de ne pas dormir, et d’être encore plus fatiguée le lendemain matin. Une chambre étant libre, j’ai donc pu passer ma première nuit à la maternité, et aussi ma dernière en tant que lapin-kangourou… Grand bien m’en fasse car la maternité s’est remplie pendant la nuit.

Mardi 10 mars

6h30, c’est pour aujourd’hui! Malgré l’excitation, j’ai pu bien dormir, rassurée d’être déjà sur place. Peu de contractions pendant la nuit, qui ont néanmoins été efficace: mon col est ouvert à 3, la poche des eaux très bombante. On me fait un décollement des membranes, puis 30 min plus tard on perce la poche des eaux. On me propose la péridurale en m’avertissant que les contractions sous déclenchement sont beaucoup plus intenses, mais je veux tenir le plus longtemps possible. C’est à dire 30 minutes…

Vers 9h la péridurale est donc posée, mon col est ouvert à 4. A 11h, col ouvert à 7, on commence les injections d’ocytocine. A 14h, je suis à dilatation complète. Entre temps j’ai lutté avec ma péridurale, qui fonctionnait du tonnerre à gauche, mais pas à droite (je ressentais les contractions). On me tourne sur le côté, j’appuie au maximum sur la péridurale pour rétablir l’équilibre et me retrouve à moitié shootée, ce qui fait bien rire Sieur Biquet.

On m’annonce que la descente dans le bassin est composée de 3 paliers, et qu’elle peut se faire en 3h.

On augmente régulièrement les doses d’ocytocine, et 1h30 après, bébé est engagé à moitié dans le bassin. Je rigole avec la sage-femme, en lui disant si c’est comme dans les séries TV, où on pousse 2 fois et hop il sort. Elle rigole aussi, disant que ce n’était pas comme ça, encore moins chez une primipare. Elle me propose de tester une poussée pour voir. Je replie donc les jambes, elle m’explique comment faire (ma sage femme libérale ne m’ayant pas entrainé à pousser) et je pousse.

Et là tout s’emballe: je pousse trop bien (pas dans le bon sens), la tête apparait. La sage-femme est seule, les étriers ne sont pas encore installés et le rythme cardiaque du bébé chute à 50. Elle me répète qu’il va falloir aller très vite, demande à l’étudiante de prévenir du monde (“j’ai trouvé personne” qu’elle nous répond), et pendant qu’elle installe les étriers, je continue à pousser. Elle me crie d’arrêter, bébé a déjà la tête sortie, personne n’est arrivé. Elle délivre notre fils, me le pose sur le ventre le temps de couper le cordon. Son rythme cardiaque ayant chuté, l’expulsion ayant été faite en 2 poussées, notre fils est complètement sonné et ne parvient pas à respirer correctement. Il est 16h36, notre fils vient de changer notre vie à jamais.

Sieur biquet n’a pas eu le temps de couper le cordon, je n’ai pas eu le temps d’apercevoir le visage de notre fils (juste de lui caresser les cheveux), notre fils est directement emmené pour ses soins tandis que l’équipe arrive enfin. Complètement sonnée à la fois par ce qu’il vient de se passer (1 minute j’ai un gros ventre, la seconde d’après plus rien et mon fils n’est pas là) et par la péridurale, on m’annonce une belle déchirure et le moment vidéo gag: à peine sorti que mon fils m’a chié dessus…

Je ne prend pas la mesure de ce qu’il s’est passé. Je suis complètement à l’ouest. Tout ce que je me suis dit c’est “qu’il est grand!”. C’est Sieur Biquet qui a été le plus choqué: j’ai apparemment perdu beaucoup de sang, il y en avait partout, et la rapidité de l’accouchement a été très “éprouvante” émotionnellement. Je rigole en disant “si seulement je les faisais aussi facilement que je les expulse…”.

Mon fils m’est rendu 2 bonnes heures après l’accouchement. C’est long, très long. Mes parents ont eu l’exception de venir en salle de naissance, il est tard, mon père se fait opérer le lendemain et ne pourra plus se déplacer pendant une semaine. Je ne regrette pas cette décision (s’il s’était passé quelque chose sur la table d’opération et qu’il n’ai pas pu voir son petit fils…) mais les premiers moments avec mon fils sont quelque part “volés”, partagés. Maintenant il va falloir apprendre à se connaître…

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31 thoughts on “Une (re-)naissance

  1. Je ne sais pas s’il faut rire mais ça me fait rire quand même !! Comme à la télé tu disais ? T’as pas été une starlette dans une vie antérieure toi ?

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    • Nan mais jte jure, ça devait être la péri qui parlait. “Et on peut pousser 2 fois et accoucher, comme dans les séries?”. N’empeche que je lui en ai bouché un coin, à la SF :p

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  2. J’ai connue aussi sa lors de mon accouchement pour ma part pas de péridurale mon fils arrivé en quelques poussées le coeur qui ralentissait à cause de son petit gabarit ( né à 37sa tout pile ^^) en revanche il est resté avec nous et zhom à pu couper le cordon. Ce moment reste magique après cette longue attente.

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    • On a été assez déçus que mon mari ne puisse pas couper le cordon oui. Ce sont de précieux instants que l’on ne pourra jamais récupérer mais bon, on va essayer de passer outre

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    • oui, ça s’est bien passé, merci 🙂
      2h oui, ce fût long, mon mari me montrait des photos sur son téléphone mais j’avais l’impression que c’était le bébé d’une autre qu’on me montrait..

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  3. Oh ce billet me remue…Parfois c’est dur de créer un lien avec bébé après une séparation à la naissance…
    C’est d’autant plus dur après avoir eu toutes ces années pour imaginer cette naissance et fantasmer ce bébé, merci la pma !
    Bref, parfois c’est dur d’être maman, mais souvent c’est formidable, j’en sais quelque chose 🙂

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  4. Ah le récit de l’accouchement, je l’attendais avec impatience.
    Bon je trouve que mini-lapinou aurait pu attendre un petit jour de plus mais bon c’est par “égoïsme”… 😝
    Effectivement les naissances rapides (plutôt rare chez les “premiers”) donnent des bébés “paf”. Ils récupèrent relativement vite après mais c’est dur de pas les avoir avec…
    Merci de partager ce récit avec nous en tout cas.
    Gros bisous à toi et ton mini-lapinou.

    Ps : c’est bien si tes parents ont pu venir dès la salle de naissance et je suis contente d’avoir lu dans les commentaires que l’opération s’était bien passé.

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  5. Ben du coup, c’est une affaire qui a été vite pliée !! J’imagine que ça a presque dû être frustrant, surtout si vous vous étiez préparé à attendre longtemps… En tout cas, c’est chouette pour ton papa… J’espère que Chuck et son grand-père vont mieux depuis. Bisous.

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