L’acceptation

Il y a quelques semaines, j’ai changé de travail. Nouvelles fonctions, nouvel environnement, nouveaux collègues. 

Je remplace un congé maternité. Une super opportunité’ pour moi, ces derniers durant 1 an ici.

Mais être de nouveau parmi des gens fertiles a ravivé de vieux désirs, de vieux sentiments, que je pensais avoir accepté, et même disparus avec l’arrivée de notre mini-lapinou.

Que nenni.

En l’espace de moins d’un mois, j’ai eu le droit aux plaintes d’une collègue enceinte, et surtout aux fameuses questions: “veux-tu d’autres enfants?”, “mais tu vas en vouloir d’autres non?”, et même “fait attention, toutes les personnes qui se sont assises à cette chaise sont tombées enceintes”. Le tout en plein J1.

Pour couper court à ces inquisitions, et parce que j’en ai marre de mentir et qu’il faut que j’assume, j’ai donc sorti le “je ne peux pas en avoir naturellement, alors c’est pas pour maintenant non”.

S’en suivit le regard apitoyé, et évidement “ma tante n’arrivait pas á concevoir et devine á quel âge elle est tombée enceinte?”. Honnêtement je ne sais pas ce qui a fait le plus mal: l’histoire de la fille de la coiffeuse du village de sa cousine, ou le regard plein de pitié. 

J’ai donc coupé sa phrase car je m’en fous royalement de l’âge de conception de sa tante en lui expliquant que comme toute pathologie, il y en a plein de différentes. Qu’on a vu des médecins, que des diagnostics ont été posés, et qu’ils ont été formels.

C’est alors que j’ai commencé’ á cogiter. À envier. À envier le fait de pouvoir décider de la venue de son prochain enfant. Au fait de pouvoir ne serait-ce que continuer á travailler en tentant de le concevoir (je ne parle même pas de ma grossesse où j’ai été arrêtée à 1 mois). Au fait de pouvoir tout simplement avoir le choix. 

Alors oui, je dramatise sans doute un peu. Et puis il y a pire, des pathologies plus graves. J ai aussi l’immense chance d’avoir un premier enfant en bonne santé.

Mais voilà, je ne suis pas capable de lui donner une petite sœur/petit frère sans repasser par la pma (enfin sait-on jamais, je n’ai pas encore pris de vacances). Et même si je suis nostalgique de ma grossesse merdique, je n’ai pas envie de repasser par là… Et j’envie celles qui ont le choix, et les possibilités.

C’est quand même con que plus de 4 ans après notre diagnostique, il semblerait que j’ai toujours du mal à accepter celui-ci…

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21 thoughts on “L’acceptation

  1. Ma petite Dame, l’envie de faire un bébé est viscérale, instinctive. Elle l’est d’autant plus que nous avons galéré dans nos parcours et nous continuons encore à souffrir. And so what ?? Fuck them avec leur réfléxions à la con. Continue à y croire. Ne baisse jamais les bras. Que ce soit la femme de la voisine ou le regard de pitié, ce qui compte à la fin c’est que l’on va y arriver. On va y arriver, alors fait toi ta place dans ce nouveau taf et ne te laisse pas abattre. Tu vas y arriver ! Courage, force et honneur !!

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  2. Oui tu as la chance d’avoir un enfant. Oui tu dois repasser par la PMA. Mais des solutions existent et ça marche!! La preuve pour toi 😉
    Je pense que moi aussi, à ta place, j’envierai les autres. Se dire qu’elles prévoient de faire un bébé et pouf ça marche, comme par magie, alors que moi, je me dirais ” tient, va falloir qu”on s’y remette mais au bout de combien de temps…?” mais malgré tout, faut faire avec, on a pas le choix…

    Puis, qui sait…la chaise va peut-etre te porter chance ?! 🙂

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  3. Coucou, je comprend ton sentiment même si c’est sur nous avons la chance d’en avoir déjà un, même si nous avons la chance d’avoir un traitement qui marche. On aimerait juste avoir l’opportunité d’avoir un enfant naturellement. Bisous

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  4. Il y a des parcours, des histoires tellement difficiles, tellement douloureux que je crois qu’on ne guérit jamais vraiment…On cicatrise, mais la cicatrice est toujours là, sensible dès qu’on la touche…
    On envisage pas un 2nd de la même manière quand on est passé par la case PMA, parce que ce n’est pas une gestation de 9 mois qui nous attends, mais probablement de plusieurs années…. Courage pour affronter la bêtise humaine…

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  5. Une réaction tout à fait humaine et normale. L’impression de ne pas être comme les autres (même si tu es heureuse aujourd’hui) peut être une vraie souffrance.
    Vouloir un deuxième et savoir que ce sera dur rajoute à cette souffrance.
    Je te souhaite de rejoindre les Gertrudes Anonymes ou bie de pouvoir avoir ton ticket pour la PMA de nouveau ici ou ailleurs. En attendant je t’apporte du fromage si je peux ! 😉

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  6. Je pense, que l’on soit maman ou non, que l’on ne cicatrise pas de l’infertilité. Mais quelque part tant mieux, car elle nous apprend à quel point le bonheur est fragile et précieux. J’imagine que tu te le répètes régulièrement quand tu serres ton petit lapinou sur ton coeur… Alors je ne te jetterai sûrement pas la pierre de ressentir tout Ca et le fait que tu sois maman t’aide juste à te dire qu’un deuxième est envisageable, Mais déjà sans certitude, et ensuite cela demande quand même une organisation que les grossesses spontanées ont le “luxe” de ne pas avoir à gérer. Je me revois pleurer toute une nuit lorsqu’une amie enseignante m’avait confié avoir conçu sa fille pour pouvoir prolonger son conge mat’ avec les vacances (et franchement, quand tu peux choisir, quoi de plus légitime!) quand moi j’en étais à me demander juste si un jour je serai maman.
    Pour conclure mon roman, le fait que tu ressentes ça en étant maman donne aussi du sens à toutes les pmettes qui se battent chaque jour pour réaliser leur rêve. Tu nous prouves, en écrivant tout Ca, à quel point ce combat vaut la peine d’être mené.
    Toutes mes félicitations pour ton nouveau poste et je te souhaite de tout coeur un second bébé dès que cela sera possible… En espérant avoir réussi à traduire tout le bien que je pense sans aucune maladresse…
    ❤️

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  7. Je te comprends.
    Ici les copines envisagent un enfant pour l’année prochaine donc arrête la pilule tel mois pour arrivée tel mois. 😑
    C’est tellement chiant !
    Tu trouves pas toua ??? Moi si. 😉
    Je me dis qu’on savoure plus dans un parcours comme le notre. On savoure plus une réussite car c’est extraordinaire et eux tellement banal.
    Courage en tout cas
    Quand à moi je n’avais absolument pas envie d’un deuxième et ma première ma déclenché cette envie. Peut être que ça passera.
    Un passage par la pma toulousaine sera aussi nécessaire. Probablement.

    Je t’embrasse

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  8. Le passage par la case pma pour un deuxième lapinou est déjà assez difficile mais avec le fait de renoncer à votre vie actuelle ça double l’effet injustice. Mais avec cette première expérience de vie et d’emplois ça peut être un avantage dans un dossier de résidence non ? En vous souhaitant le meilleur ça pourrait être un départ pour rencontrer le lapinou number two pour revenir avec le précieux sésame en poche 🙂

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    • Si on repart, on achètera une maison et on s’installera définitivement. Mais tu as très bien cerné l’effet d’injustice effectivement. Etre sans emploi et dépenser tout cet argent pour les fiv rendraient notre qualité de vie plus que médiocre pour rester…

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